L’Etat poursuit son démantèlement du service public : les décrets Darcos
passés pendant l’été 2008 en sont un nouvel outil.
En prenant la décision unilatérale de supprimer la classe le samedi
matin, le ministre renvoie sur les communes la responsabilité de la
réorganisation des services scolaires. Certaines municipalités ont
anticipé sur ce changement; ce n’est pas le cas de la nôtre. Ce dossier
traite de différents aspects de ce sujet au cours des trois premiers mois
de l’année scolaire.
Rentrée scolaire : panique chez le personnel
communal
Fin août 2008, profitant des décrets Darcos sur la suppression de l’école
le samedi, le Maire par le biais de son Directeur Général des Services
(DGS) a adressé un courrier aux 50 employées communales attachées
au service scolaire * qui annonçait
• à 7 d’entre elles : que leur contrat n’était pas renouvelé
• aux autres: une réduction de leurs heures de travail (280 heures en
moins pour certains agents sur l’année), et donc du salaire
Et tout celà seulement 8 jours avant de reprendre le travail. D’où
interrogations et stress.
La seule explication qui semblait guider les choix des décisionnaires
était : « faire des économies »
Il a fallu attendre fin octobre pour qu’une réunion soit proposée aux
ATSEM. L’intervention de nos élus de « Sallanches Autrement », au
Conseil Municipal du 14 octobre 2008 y était sûrement pour quelque
chose!
Mais ça ne change rien pour les 7 qui sont restées sur le carreau.
La Municipalité reprend les méthodes du Gouvernement : elle prend
des décisions sans consulter les professionnels de terrain et les fait
appliquer en force. C’est alors qu’il y a incompréhension, blocage,
parfois refus.
A Sallanches, on pourrait agir différemment et cela changerait tout !
- en engageant une concertation avec les intéressés afin de connaître
leur travail.
- en évaluant les besoins : le service rendu (entretien des locaux et du
matériel, rôle auprès des enfants) souffrira-t-il de cette compression du
temps de travail ?
- en ayant à l’esprit les conséquences pour les enfants
En tant que citoyenne, il me parait important que les employés de notre
commune soient considérés et reconnus dans leur fonction.
*16 A.T.S.E.M. (Agent Territorial Spécialisé en Ecole Maternelle),
4 Concierges, 30 Agents de service et cantine.
Marie-Claude DIDIER
A.T.S.E.M.: un métier
Témoignage de l’une d’entre elles qui nous raconte une journée de
travail.
« Notre présence est nécessaire même avant l’ouverture des portes de
l’école, en aérant la classe et en la rendant agréable pour qu’elle soit
prête à recevoir les élèves.
Nous accueillons ensuite les enfants en veillant à leur sécurité.
Pendant la classe nous nous occupons de la collation, rangeons les jeux
après l’accueil, préparons le matériel des ateliers. Nous sommes là aussi
pour le passage aux toilettes. Nous aidons les enseignants à assurer la
sécurité lors des activités physiques. Nous aidons à l’habillage et au
déshabillage des enfants à chaque sortie.
Pendant les ateliers, nous surveillons un groupe d’enfants sous la
responsabilité de l’enseignant. Par exemple pour l’atelier peinture, on
prépare le matériel, on met les tabliers aux enfants, on leur ré-explique
et on range après leur avoir lavé les mains.
A la fin de la matinée, nous regroupons les enfants de la cantine, les
conduisons aux toilettes et commençons à préparer les salles de sieste.
Dans l’interclasse de midi, nous surveillons les enfants présents.
Chacune de nous a une pause de 20 minutes pour son repas.
L’après-midi, nous surveillons la sieste puis participons de nouveau aux
différentes activités scolaires.
Chaque semaine, nous nous occupons du linge de l’école : lessive,
étendage, pliage.
Notre travail est très varié et très minuté aussi. Au quotidien, nous
devons également cajoler et soigner les bobos ….
Après le départ des enfants, notre journée n’est pas finie : il reste à faire
le ménage de l’école jusqu’à 17h45. Vous aurez compris que notre
métier nécessite efficacité, disponibilité et qualité relationnelle.»
Propos recueillis par Danièle Borrel
R.A.S.E.D. : Soutien ou abandon
?
Que vont devenir les élèves en difficulté scolaire avec les décrets
Darcos ?
Jusqu’à ce jour, ceux-ci avaient le soutien des RASED* : des enseignants
spécialisés travaillaient en collaboration avec leurs collègues pour aider
ces enfants en lien avec les familles. Ce travail était intégré au temps
scolaire des élèves.
Mort programmée des RASED ! Dix mille postes à supprimer !
Et ces enfants, que vont-ils devenir ? Ils subiront deux heures d’école
de plus que leurs camarades par semaine. Pour ces enfants, on substitue
donc la quantité à la qualité. On les prive aussi en partie des activités
périscolaires. Où est l’intérêt des enfants dans cette transformation du
service éducatif ?
* Réseau d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté
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